Une femme à tout prix? Non merci!

Les femmes ne sont pas nombreuses à l’Assemblée nationale du Québec. Ce n’est un secret pour personne. En effet, selon le dernier portrait en 8 temps du Conseil du Statut de la femme, elles occupaient seulement près de 30% des sièges en 2010 au salon bleu bien loin derrière le Rwanda (48,8%) dont leur constitution garantit aux femmes un minimum de 30% des sièges. Selon le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, les femmes représentaient, en 2009, 16 % des élus à la mairie et 29,3 % des conseillers. De manière générale, il reste encore du chemin à faire avant d’atteindre une pleine parité.
Je crois au principe de représentativité de nos élus. Ce faisant, je considère légitime de vouloir un plus grand nombre d’élues féminines dans le domaine politique. Après tout, nous formons tout de même 50,4% de la population québécoise. Un débat a ressurgi dans l’actualité avec l’affirmation décriée par plusieurs du député Claude Pinard. À la suite de sa prise de position, un faux-argument revient sur la place publique. Certaubs affirment qu’on devrait appuyer une femme à n’importe quel prix.
Cette affirmation ne doit pas être prise au hasard, puisque plusieurs semblent partager cette opinion au sein même du mouvement féministe. Personnellement, je suis du clan de celles qui croient qu’il n’existe pas de pouvoir au féminin. Non, je ne voterai pas pour n’importe quelle femme tout comme je n’aurais pas donné mon vote à Margaret Tatcher, Angela Merkel, Christine O’Donnell ou Sara Palin.
Néanmoins, selon l’ONU, il faudrait une masse critique d’au moins 30 à 35% de femmes dans les assemblées législatives pour que les politiques de l’État tiennent compte des priorités des femmes et que des changements s’opèrent sur le plan du style de gestion, de la dynamique de groupe et de la culture organisationnelle. Cette position onusienne n’est pas à laisser pour compte dans ce débat.
Bref, même si je ne crois pas aux vertus du pouvoir féminin, je persiste à croire que les défis pour les femmes qui désirent faire de la politique sont encore très nombreux ! Et pour ceux qui voudraient en savoir plus sur ce débat tellement pertinent, procurez-vous l’ouvrage de la journaliste Pascale Navarro, Les femmes en politique changent-elles le monde ?, qui amène intelligemment les nuances qu’il nous manque parfois pour faire la part des choses.